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Marianne

Brigitte Bardot sur l'abandon estival des animaux de compagnie : "Notre société est robotisée et vide de l’essentielle miséricorde" (Fri, 23 Aug 2019)
"On a beau, chaque année, supplier les gens de ne pas abandonner leurs enfants à quatre pattes, c’est de pire en pire, à croire qu’une partie de l’humanité n’a plus aucun sentiment." Selon la SPA, les abandons d'animaux sont en hausse de 28% depuis janvier. Brigitte Bardot, grande défenderesse de la cause, confie son dégout face à un phénomène grandissant. Rencontre. Au cœur du mois d’août, les feux ont viré au rouge. Une nouvelle fois, les refuges de la SPA ne s’en sortent plus, débordés par l’afflux massif d’animaux. De mémoire de bénévoles, on n’avait jamais vu ça. Dans le même temps, la fondation 30 millions d’amis affirmait que 100 000 bêtes, dont 60 000 l’été, sont abandonnés tous les ans, positionnant la France en champion d’Europe de l’abandon… Interrogée par Marianne, Brigitte Bardot nous a confiés le dégoût que lui inspirait ses chiffres. Marianne : Malgré les campagnes de prévention, cet été voit un nombre record d'animaux abandonnés. Qu'avez-vous ressenti à l'annonce de ces chiffres ? Brigitte Bardot : Cela me fait une peine immense car cela prouve qu’on a beau, chaque année, supplier les gens de ne pas abandonner leurs enfants à quatre pattes, c’est de pire en pire, à croire qu’une partie de l’humanité n’a plus aucun sentiment, sont sourds à la détresse qu’ils provoquent et sont méprisables. Pourquoi tant de propriétaires abandonnent-ils leurs compagnons ? Parce que l’être humain se robotise, se déshumanise, n’est attiré que par le superflu, les lamentables vacances de masse où comme des troupeaux ils envahissent les plages, les campings, les bateaux mégapoles où leurs compagnons n’ont pas de place. Il faut aussi rendre responsables les hôtels, les plages, les campings qui refusent les animaux. Ce qui devrait être interdit. Qu'est-ce que cela dit de notre société ? Notre société est en grande partie, sans cœur, sans âme, sans compassion, sans sentiments, sans pitié. Robotisée et vide de l’essentielle miséricorde. Abandonner un chat ou un chien est déjà réprimé par la loi de deux ans de prison et de 30 000 euros d'amende au maximum. Faudrait-il durcir encore plus la législation ? Oui, mais c’est ridicule car on n’attrape jamais les lâches. Ils s’arrangent toujours pour faire disparaître toute identité, tatouage, puce etc…quitte à mutiler l’animal. Il faut surtout diminuer considérablement le commerce dément des animaux de compagnie. Abolir, interdire, toutes les importations scandaleuses de chiots venant des pays de l’Est qui finissent dans les animaleries, les jardineries, avec de faux certificats falsifiés, séparés de leurs mères, non sevrés qui meurent par centaines de déshydratation, de maladies, d’abandon affectif. Ce trafic est scandaleux et juteux pour ceux qui en sont complices. Il faut interdire aussi les ventes par petites annonces de journaux ou internet où tout un commerce illicite de chiens et de chats se développe de jour en jour. Il y a aussi cette mode des « NAC » (Nouveaux Animaux de Compagnie, NDLR) qui est catastrophique pour l’environnement et pour le tragique sort de ces pauvres animaux sauvages destinés à s’adapter à une vie contraire à leur nature. Araignées, serpents, iguanes, singes, perroquets, furets, mangoustes, écureuils … qui finissent eux aussi abandonnés et encombrent les refuges déjà surchargés. Tous ces animaux ne sont pas des jouets et la législation nulle et non avenue. Il faudrait une rigueur extrême qui diminue considérablement le nombre d’animaux de compagnie en France. A commencer par les élevages reconnus qui font reproduire à qui mieux mieux toutes les races de chiens à pédigrée vendus très cher qui eux aussi remplissent les refuges. Il faut instaurer un quota drastique de reproduction pour chaque race. Quelles seraient vos recommandations pour éviter ces abandons durant l'année et particulièrement durant la période estivale ? Il y a trop d’animaux de compagnie, les chiens et surtout les chats pullulent. Les refuges sont bondés. Les adoptions plus rares que les abandons. Et surtout, la reproduction à la « va comme j’te pousse » obligent à euthanasier, hélas, bon nombre de braves toutous et de pauvres petits minous qui n’ont, comme seul délit, que d’avoir été abandonnés. C’est trop triste et trop injuste. J’en profite pour faire un appel aux vétérinaires qui sont en général hors de prix pour les gens qui n’ont pas les moyens d’assumer de tels tarifs. En plus, les TVA vétérinaires sont honteusement à 20% alors que la médecine en est exempte et que les généralistes sont à 5,5%. Il y a un décalage illégal à revoir d’urgence ! Lire aussiBrigitte Bardot : "A Saint-Tropez, le pognon a tout bouffé"
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Ce que préparent l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour le Moyen-Orient (Fri, 23 Aug 2019)
Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques, analyse les conséquences d'un retrait partiel de Donald Trump du Moyen-Orient, induit par les élections américaines de 2020. Rien n’est figé pour six mois au Moyen-Orient. L’annonce d’Abu Dhabi il y a quelques semaines de se retirer de la guerre au Yémen pourrait marquer un tournant dans la stratégie de conquête idéologique mise en place par Mohammed Ben Salmane, prince héritier et le vice-Premier ministre d'Arabie saoudite, et Mohammed Ben Zayed, prince héritier et ministre de la défense de la capitale des Émirats arabes unis (EAU), d’une bonne partie de la région. Les EAU seraient-ils en train de repasser du camp de la guerre à celui de la diplomatie avec un recentrage américain proche sur ses propres affaires ? Il semble que Mohammed Ben Zayed préfère jouer la prudence. Nouvel axe émirato-saoudien Alors que Donald Trump ne devrait pas tarder à se concentrer sur la politique américaine à l’approche des élections l’année prochaine, les premières dissensions se font jour dans le nouvel axe fort du monde arabe émirato-saoudien. La position forte de l’Iran et la "pression maximale" économique imposée par Donald Trump à Téhéran n’ont pas bouleversé à ce jour un semblant de stabilité systémique, bien au contraire : les durs à Téhéran n’hésitent pas dans l’escalade, tandis que les américains, suivis avec empressement par les anglais en quête d’accords post-Brexit, veulent sur-militariser les eaux du Golfe, le tout augmentant les risques d’incident majeur. Exagérer plus encore les menaces pourrait faire basculer le détroit d’Ormuz et ses rivages dans une dangereuse guerre que personne ne souhaite en réalité. Les experts militaires à Washington comme à Riyad et Abu Dhabi n’ignorent rien du caractère dévastateur que pourraient avoir des représailles iraniennes massives. Alors que le président américain, après avoir claqué la porte de l’accord sur le nucléaire iranien l’année dernière, ne semble pas tenté plus que cela par une reprise des négociations, et ne peut se lancer dans une guerre sans trahir son électorat, sa seule véritable obsession, il est pourtant poussé à la crise par ses deux plus importants collaborateurs, Mike Pompeo et John Bolton, ce qui le coince dans une posture agressive et impuissante. Jusque-là, et concernant le cadenassage de l’Iran, il était suivi également par ses alliés régionaux égyptien et israélien. Gros bémol récemment dont il ne semble avoir cure et qui pourtant a pu compter dans sa décision de ne pas attaquer l’Iran à la dernière minute il y a quelques semaines : l’impossibilité pour lui de fonder une plus large alliance qui intégrerait les États-membres de l’UE et qui lui aurait permis de peser davantage en cas de retour à la table des négociations. Mais les experts militaires à Washington comme à Riyad et Abu Dhabi n’ignorent rien du caractère dévastateur que pourraient avoir des représailles iraniennes massives ( même scénario que la Corée du Nord qui menace celle du Sud avec son artillerie ), tandis que les Européens sont surtout préoccupés de mettre en œuvre un mécanisme efficace de commerce, avec les Russes et les Chinois, qui protège leurs entreprises contre les effets extra-territoriaux des sanctions US, et qui offre aux Iraniens le soutien économique indispensable pour maintenir à Téhéran un reste de volonté de négociation. A l’heure actuelle, Donald Trump ne lâche pas de lest ni de bombes, et c’est bien heureux pour la deuxième option. Mais comment faire bouger l’Iran avec de la rigidité ? Or, le temps presse potentiellement vu le risque de dégradation régionale qui pourrait ne pas venir de lui mais d’un embrasement des tensions après un accrochage local et un arraisonnage d’un super-tanker mal contrôlé par exemple. Car l’Iran depuis plusieurs semaines, met sa propre pression maximale en rappelant au monde qui dépend du pétrole et du gaz régional que le détroit d’Ormuz reste majoritairement sa baignoire stratégique. Ces 40 kilomètres de couloir maritime concentrent 1/5 du transport de l’or noir mondial et ¼ de celui du gaz naturel. Trump ne peut pas prendre le risque que Téhéran cherche à fermer le détroit. L’Amérique se souvient aussi de l’histoire : notamment, le triomphe de Nasser, après la nationalisation du canal de Suez en 1956, et l’échec des Anglais, des Israéliens, des Français et des Américains, à reprendre leur "bébé". En vérité, personne ne sait vraiment ce que Téhéran, c’est à dire les durs du régime (qui comme toujours profitent des sanctions ) veulent faire. Et face au mécontentement de la population qui souffre, la tentation d’un conflit fédérateur peut exister... Si les USA relâchent la pression, l’Arabie Saoudite et les EAU, puissants alliés délégués de la puissance américaine dans la région malgré leurs dissensions sur la méthode à employer pour devenirs leaders régionaux, risquent de devoir revoir une partie de leur stratégie jusqu’au-boutiste. Il y a fort à parier que Donald Trump se retire progressivement en attendant sagement les élections présidentielles américaines l’année prochaine pour en sortir conforté. Pourquoi prendre le risque d’une telle guerre avant même d’être réélu et risquer de perdre l’élection à la Maison-Blanche, avec entre autres un cortège d’inculpations qui l’attendent ? Ce ne sont certes pas les potentiels candidats opposants qui risquent de lui faire de l’ombre actuelle, mais inutile de se mettre en danger pour autant. Si les USA relâchent la pression, l’Arabie Saoudite et les EAU, puissants alliés délégués de la puissance américaine dans la région malgré leurs dissensions sur la méthode à employer pour devenirs leaders régionaux, risquent de devoir revoir une partie de leur stratégie jusqu’au-boutiste, à commencer par la guerre violente menée au Yémen depuis cinq ans et qui a fait près de 100 000 morts. Mais les deux pays sans les USA ne pourront pas continuer à transformer seuls la région. Ce n’est donc pas pour rien que les EAU, qui suivent de près toute crise dans la région, se sont redéployés récemment en se désengageant en partie du Yémen, tout en se concentrant sur le développement de leurs points d’ancrage maritime tout autour du détroit d’Ormuz. Il faut prendre le plus de points avant les enjeux géopolitiques mondiaux américains de 2020. Ils visent clairement le leadership même quitte à perdre le soutien saoudien. Des emprises néfastes dans la région Abu Dhabi continuera à vouloir étendre son emprise autoritaire et militaire sur une grande partie des régimes en transition de l’Algérie à la Tunisie, en passant par le Soudan, la corne de l’Afrique, la Libye, et au Yémen - avec cette fois ci un soutien à une solution politique. Idem avec l’Iran : une délégation d’Émiratis s’est rendue à Téhéran il y a quelques semaines, chose inimaginable il y a encore six mois. Pendant que l’Arabie Saoudite poursuit à l’heure actuelle son carnage au Yémen, et son saupoudrage de réformes sociales, Mohammed Ben Zayed, alias MBZ, le maître des Émirats Arabes Unis, a compris que la solution militaire ne pourrait être pérenne. De plus, MBZ a compris que le contrôle du "rimland", la stratégie de contrôle des marges et des accès maritimes, était tout aussi importante que celle des puissants pays qui se sont battus pendant des années pour certains "heartlands", pivots stratégiques mondiaux, comme l’Afghanistan. Si Aden fait sécession au sein du Yémen, il y a fort à parier qu’Abu Dhabi saute sur l’occasion pour s’en rapprocher voire tenter de contrôler ce port d’importance régionale. En 2020, les USA pourront-ils rester maîtres d’une bête de Frankenstein qu’ils ont contribué à créer en jetant leur dévolu depuis quelques années sur ces deux pays qui ont construit cet axe sunnite qui nous apparaît à ce jour bien plus dangereux pour la stabilité de la région que le seul ennemi perse ? La corne de l’Afrique ne pouvant se permettre davantage d’instabilité, les puissances occidentales laisseront probablement faire. Quant à Mohammed Ben Salmane, déjà traité par Donald Trump comme futur Roi, il devra continuer à imposer son emprise pour ne pas perdre la face, renforcer ses liens avec Israël pour maintenir à haut niveau le front commun contre l’Iran le temps que Donald Trump soit réélu, et poursuivre sa pression le Qatar pour rester l’élève modèle de son parrain. À la différence des EAU, qui surfent sur leur succès après avoir mené la contre-révolution issue des "Printemps Arabe", éliminé pratiquement tous les régimes fréristes et leurs soutiens, l’Arabie Saoudite patauge et est en péril économique par le coût de la guerre au Yémen et le manque de diversification économique. Pourrait-elle devoir faire allégeance un jour à son ancien vassal ? Tout est possible dans la région. Pendant ce temps, Abu Dhabi tente probablement de devenir le leader régional à la place de Riyad, mais aussi le médiateur incontournable dont il pourrait se disputer le rôle avec le Qatar. Les deux frères MBS et MBZ pourraient finir par se disputer un vrai leadership, mettant de côté leurs intérêts communs, leur poids géopolitique collégial, pour faire ressurgir ce qui est devenu une spécialité de la région : la querelle des egos. Mais en 2020, les USA pourront-ils rester maîtres d’une bête de Frankenstein qu’ils ont contribué à créer en jetant leur dévolu depuis quelques années sur ces deux pays qui ont construit cet axe sunnite qui nous apparaît à ce jour bien plus dangereux pour la stabilité de la région que le seul ennemi perse ?
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Plus ou pas d'alcool dans les stades ? Les enjeux du débat qui divise la majorité (Fri, 23 Aug 2019)
Depuis la loi Evin de 1991, on ne peut en principe boire de l'alcool qu'en dehors des stades. Une situation qui pourrait changer par le biais d'une proposition de loi LREM. Alors qu'une proposition de loi LREM veut autoriser la consommation de boissons alcoolisées dans les enceintes sportives, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a au contraire plaidé pour une extension de l'interdiction jusque dans les loges VIP. "Marianne" fait le point sur un débat, qui n'est pas dépourvu d'hypocrisie. Ce mercredi 21 août, Agnès Buzyn a lancé le débat dans le débat. Invitée de RMC, la ministre des Solidarités et de la Santé s'est laissé quelque peu piéger par Jean-Jacques Bourdin, qui l'a invitée à se prononcer sur le débat qui agite le monde du football, mais également une partie de la majorité, depuis quelques jours : faut-il autoriser la réintroduction de l'alcool dans les stades, et notamment ceux de football ? Alors qu'une centaine de députés LREM militent pour cette cause, Agnès Buzyn a surpris en prenant le contre-pied des parlementaires. Non seulement la quinquagénaire dit "non à l'assouplissement de la loi Evin", mais, relancée par le journaliste de RMC, elle s'est carrément prononcée pour "supprimer l'alcool dans les loges VIP", où il est permis d'en servir. Entre partisans de l'alcool pour tous, de la prohibition complète ou du deux poids deux mesures assumé, les discussions vont bon train. Marianne fait le point pour comprendre les enjeux du débat. "Je ne savais pas" qu'on buvait de l'alcool dans les loges VIP des stades, assure Agnès Buzyn. pic.twitter.com/GjMbjYe0Xb — Nicolas Berrod (@nicolasberrod) August 21, 2019 Depuis 1991, la loi Evin a bouleversé la donne en France : le Code de la santé publique interdit la vente d'alcool dans les stades, gymnases, et plus généralement dans "tous les établissements d'activités physique et sportive". Il est donc impossible, pour qui assiste à une rencontre de football, de rugby, de tennis ou de bilboquet, de boire un verre dans toute l'enceinte sportive. Toute ? Non ! Car une zone peuplée d'irréductibles buveurs d'alcool résiste encore et toujours à la prohibition : il s'agit des loges et autres salons VIP, qui bénéficient de dérogations liées à la restauration permettant à leurs occupants de siroter leur flûte de champagne en profitant (ou pas) du spectacle. Cet aménagement n'est d'ailleurs pas le seul : chaque événement sportif peut faire l'objet de dérogations, accordées par la mairie ou la préfecture, autorisant la vente de bière dans le stade. Ces arrangements ponctuels nourrissent d'ailleurs certaines tensions : des sports comme le rugby, où les relations entre supporters sont notoirement plus pacifiques, bénéficient facilement d'autorisations. Pour le football, c'est plus compliqué : les clubs de Ligue 1, la première division, ont négocié un accord leur permettant d'obtenir dix dérogations par an. Une prohibition hypocrite ? On le voit, l'interdiction de la vente d'alcool dans les stades n'est pas dépourvue de toute hypocrisie. Les opposants les plus vifs à l'arrêt de la prohibition, comme Agnès Buzyn mais également la ministre des Sports Roxana Maracineanu et l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), avancent essentiellement des arguments de sécurité et de santé publique, arguant que la consommation d'alcool favorise la violence, et que son autorisation dans les enceintes sportives constituerait une forme de promotion. Ce qui soulève plusieurs paradoxes : en ce cas, pourquoi autoriser une dizaine de dérogations annuelles lors desquelles les boissons alcoolisées cesseraient comme par magie d'avoir des effets néfastes ? L'alcool rendrait-il moins violent (ou moins grossier, ou moins inapte à conduire) les occupants des loges VIP que les spectateurs peuplant les tribunes populaires ? Même en le supposant, est-il plus sûr d'autoriser les masses à regarder du sport en enchaînant les verres dans des bars, voire de s'alcooliser autour du stade avant d'y pénétrer ? Lire aussiFC Sochaux : une histoire du foot (et du patronat) français La logique de prohibition semble appeler des interdictions toujours plus étendues pour éviter les contradictions, comme l'illustre l'intervention d'Agnès Buzyn sur RMC. De l'autre côté, les motivations pour réintroduire l'alcool dans les stades sont essentiellement financières : les clubs sportifs poussent fort pour une autorisation qui leur permettrait de percevoir de nouveaux revenus substantiels : le député LREM François Cormier-Bouligeon, qui porte la proposition de loi, a chiffré à 150 millions d'euros annuels la manne potentielle supplémentaire dégagée pour les clubs de football français. La fédération européenne, l'Uefa, a d'ailleurs choisi l'an dernier d'autoriser à nouveau l'alcool dans les stades pour les matchs de compétitions continentales. Dans le reste du Vieux Continent, les situations sont très diverses : en Allemagne, la distribution ne connaît aucune restriction et rapporte aux clubs plusieurs dizaines de millions d'euros par années ; en Belgique, la marque de bière Jupiler donne son nom au championnat de football national ; en Espagne, l'interdiction est totale ; quant aux Anglais, ils peuvent boire un verre… dans les coursives du stade, mais pas à leur siège, y compris en loges dont les rideaux sont tirés pour empêcher les VIP de regarder le match en sirotant leur bière ou leur champagne ! En France, l'alcool dans les loges ne risque pas d'être concerné par une quelconque interdiction, le cabinet d'Agnès Buzyn ayant fait savoir que la sortie de la ministre relevait de la pirouette et non de la proposition concrète. L'autorisation pour tous dans les enceintes sportives figure elle à l'article 18 d'une vaste loi visant à "faire de la France une nation sportive", déposée en juillet par 105 députés LREM. Le projet divise, y compris parmi les signataires de la proposition de la loi : la députée macroniste Michèle Peyron a ainsi décidé de retirer son paraphe, après être entrée "dans une colère monstre" en découvrant l'article 18. La proposition sera examinée à l'Assemblée en septembre. PPL Sport - La France une nation sportive J’ai co-signé cette PPL le 23/07 dernier. Seulement l’article 18 ne me convient pas du tout. Je suis farouchement contre le retour de l’alcool dans les... https://t.co/kzSTulzu3V — Michèle PEYRON (@MichelePeyron) August 7, 2019
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Tout sauf Salvini : en Italie, démocrates et M5s ont jusqu'au 27 août pour sceller leur étrange union (Fri, 23 Aug 2019)
Matteo Salvini, au plus fort dans les sondages, a tout intérêt à ce que de nouvelles élections soient organisées. Après la démission du chef du gouvernement, le président italien a organisé un premier round de consultations avec les chefs des partis. Il leur donne jusqu'à mardi 27 août pour s'entendre et trouver une nouvelle coalition. Ce à quoi s'attèle un duo insolite : les démocrates et le M5s. En cas d'échec, des élections anticipées auront lieu. A l’issue de premières consultations, le chef de l’Etat Sergio Mattarella a annoncé jeudi 22 août au soir qu’il rencontrerait à nouveau les chefs de partis mardi prochain. « Certains partis ont commencé à prendre langue et m’ont demandé de leur laisser un peu de temps supplémentaire. Après les nouvelles consultations, je tirerai mes conclusions et je prendrai les décisions qui s’imposeront » a-t-il déclaré. Le chef de l’Etat veut clairement régler la crise gouvernementale initiée par Matteo Salvini au plus vite. Cette dernière pourrait entrainer le pays déjà miné par le poids d’un endettement explosif dans des eaux encore plus troubles. Sans entente pour une nouvelle coalition gouvernementale, Sergio Mattarella nommera un gouvernement de transition avant de dissoudre le parlement. Ce scénario implique un retour aux urnes d’ici la fin du mois d’octobre. Voilà ce que les démocrates et le Mouvement 5 étoiles [M5s] veulent éviter, les sondages indiquant une victoire nette de la Ligue en cas d’élections anticipées. Hormis la question de la montée en flèche de Matteo Salvini, les 5 étoiles ont par ailleurs un autre problème : la règle des deux mandats parlementaires imposée par le fondateur du M5s, le comique Beppe Grillo. En cas d’élections anticipées, une bonne partie des élus du mouvement, à commencer par leur chef politique Luigi Di Maio, qui est aussi ministre de l’Emploi et du Développement et vice-président du Conseil, devront frapper à la porte de l’Agence nationale pour l’Emploi car ils ne pourront pas participer à la compétition. Dans ce contexte, l’offre des démocrates qui propose aux 5 étoiles de former un gouvernement capable, du moins sur le papier, de tenir la route jusqu’à la fin de la législature actuelle en 2023, peut représenter une alternative de choix. Rapprochement de circonstance Ce mariage entre le lapin et la carpe a toutefois de quoi faire sourciller. Car durant les deux dernières années, le M5s et les démocrates n’ont jamais beaucoup échangé, à part les noms d’oiseaux que les membres de ces deux partis s’envoient ponctuellement. Mais la peur du M5s qui se voit déjà finir aux oubliettes et les craintes du Parti démocrate qui imagine quasiment tous les matins Matteo Salvini juché au sommet de la pyramide gouvernementale, ont rapproché ces deux partis. Lire aussiL'insensée "alliance Ursula" anti-Salvini... risque d'assurer sa victoire Série de conditions Pour que les noces aient lieu, les 5 étoiles vont devoir renier leur passé et accepter les conditions « non négociables » posées par le patron des démocrates, Nicola Zingaretti. Le premier point pose la question de « l’appartenance loyale à l’Europe ». Cela ne devrait pas être trop compliqué, les 5 étoiles auparavant très critiques vis-à-vis de Bruxelles ayant commencé à faire leur mue lorsque la cohabitation avec Matteo Salvini est devenue trop dangereuse. Puis, ils devront reconnaitre que leur gestion économique des affaires a été désastreuse et accepter de participer à un remaniement total des objectifs économiques avec d’avantages de redistributions et d’investissements. Notamment au chapitre des infrastructures, la bête noire du M5S qui ne veut pas perdre le soutient de son électorat écologiste. "Après avoir gouverné avec la Ligue, je pense pouvoir faire un accord même avec Belzebuth" Sur la question migratoire, les démocrates réclament l’abolition des deux décrets sécurité qui comprennent la fermeture des ports aux navires des ONG et des amendes salées pour les organisations humanitaires qui forcent le blocus pour débarquer les migrants repechés en mer. L’idée est aussi d’introduire de nouveaux critères dans la gestion des flux basés sur le respect des conventions internationales et des droits de l’homme. Enfin, les 5 étoiles devront reconnaitre la centralité du parlement et ne plus déplacer les discussion sur les réseaux sociaux et les plates-formes digitales, la grande spécialité du mouvement. Cerise sur le gâteau : ils devront aussi accepter le candidat qui leur sera proposé par les démocrates pour occuper le poste de président du Conseil. La potion risque d’être sacrément amère. Mais rester aux affaires vaut bien quelques renonciations. «Après avoir gouverné avec la Ligue, je pense pouvoir faire un accord même avec Belzebuth», a déjà résumé Roberta Lombardi, membre du courant orthodoxe des 5 étoiles. C’est tout dire.
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En Italie, l'insensée "alliance Ursula" contre Salvini... risque d'assurer sa victoire (Thu, 22 Aug 2019)
Au plus fort dans les sondages, Matteo Salvini a tout intérêt à provoquer des élections anticipées en Italie. L'alliance "Ursula" vise à l'en empêcher. Une union anti-Salvini se prépare autour du Parti Démocrate et du Mouvement 5 étoiles qui aurait pour patronyme… Ursula, le prénom de la présidente de la Commission européenne. Une telle initiative ferait plutôt les affaires du leader de la Ligue. Au début, la presse italienne l’a surnommée « la grande ammucchiata », la grande mêlée, mais désormais tout le monde parle de « l’alliance Ursula », du nom (ou plutôt du prénom) de la nouvelle présidente de la Commission européenne. Il s'agirait pourtant d'une alliance purement italienne entre le Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles dans le but de contrer la Ligue de Matteo Salvini et d'éviter des élections anticipées après l'explosion du gouvernement italien. Vieille recette indigeste L’inventeur du concept à la sonorité plus avenante s’appelle… Romano Prodi. Une figure de la politique transalpine au CV long comme le Tibre : ancien président de la Commission européenne, ancien président du Conseil, ancien ministre de l’Industrie. Et l’homme s’y connaît en « combinazione ». Il avait réussi en 1995 à regrouper tous les partis de gauche et les centristes sous un seul drapeau, l’Olivier, pour tenter de battre Silvio Berlusconi. Aujourd’hui, l’ex-président du Conseil et ancien haut fonctionnaire bruxellois propose d’appliquer à nouveau cette recette pour le moins piquante pour essayer d’isoler Matteo Salvini et éviter une confrontation électorale pouvant s’avérer mortelle pour les adversaires du patron de la Ligue, selon les derniers sondages. Il propose de rassembler cette fois-ci tous les partis ayant voté pour la nouvelle présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen : les 5 étoiles, dont l’apport a été décisif pour l’élection bruxelloise de l’ancienne ministre de la Défense allemande, les démocrates et pourquoi pas Forza Italia. Cette nouvelle alliance qui aurait largement la majorité au Sénat, entendrait former un gouvernement, éviter des élections anticipées et ainsi le sacre de Matteo Salvini. Mise sous tutelle ? Mais, comme souvent en Italie, les additions parlementaires ne suffisent pas à imposer une réalité politique. Evidemment, ces partis pensent différemment au chapitre de l’économie et de l’écologie mais surtout, leur coalition pourrait bien produire le résultat inverse à celui escompté. Au lieu de désarmer le leader de la Ligue, l’ « alliance Ursula » lui donnerait des armes nouvelles. D’abord, celle de l’indépendance nationale. Porter l’estampille de l’actuelle présidente de la Commission par ailleurs ancienne ministre allemande - « Ursula » - pour faire passer la pilule auprès de Bruxelles, et par là-même un budget 2020 en préparation, peut légèrement heurter la sensibilité d’un pays, soucieux de conserver sa souveraineté politique. Technocratie froide « L’alliance Ursula » pourrait même sonner comme une forme de mise sous tutelle sinon de jure du moins de facto. De quoi servir sur un plateau à Salvini cette fameuse citation de Cicéron: « La liberté ne consiste pas à avoir un bon maître, mais à n’en point avoir ». Le leader de la Ligue en a rajouté une couche, toujours avec l’aide du célèbre rhéteur latin :"Je ne veux pas d'une Italie esclave de qui que ce soit, je ne veux pas de chaînes, pas de longues chaînes". L’idée de recourir à Ursula ou du moins à son patronyme paraît donc du plus mauvais effet. Et la personnalité de Romano Prodi, démiurge de ladite alliance, n’arrange rien. L’ancien économiste incarne une forme de technocratie froide et formatée acquise aux canons de la rigueur bruxelloise… à l’origine de la montée en puissance de Salvini. Le tout, sans résultats probants. Président du Conseil entre mai 2006 et mai 2008, il ne peut guère se prévaloir d’un brillant bilan. Au cours de son mandat, sur la foi des chiffres publiés par l’OCDE, la croissance de la richesse italienne (PIB) a augmenté en moyenne de 0,19% par trimestre, un rythme presque trois fois inférieur à celui de la zone euro. « C’est le propre de l’homme de se tromper, seul l’insensé persiste dans son erreur », philosophait un certain Cicéron.
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